Cas pratique : sensibilisation des 8-12 ans à la préparation mentale

Si, pour le haut niveau mondial comme français, la préparation mentale semble désormais acquise, au sens de la reconnaissance par tous de son intérêt et même si beaucoup reste à faire avec  l’amélioration des connaissances du cerveau, le « sport ado » serait-il ignoré par cette tendance ? 
On trouve relativement peu d’étude en français comme en anglais. J’en veux pour preuves et exemples : une ligue régionale de tennis vient seulement de former son 1er entraineur à la préparation mentale et une de golf se partage les services d’un préparateur mental avec d’autres sports. Nul besoin d’aller chercher d’autres exemples dans d’autres régions…  

Le monde sportif des ados (13 /18 ans) et surtout des pré ados (9 / 12 ans) semble même faire « peur » à beaucoup de préparateurs mentaux préférant donner priorité à l’accompagnement des adultes. On peut le comprendre entre la gestion souvent compliquée de parents impliqués parfois à l’excès jusqu’au transfert sur leur progéniture de la carrière espérée, un discernement en devenir, les aléas d’une personnalité en construction, rendent le « retour sur investissement » (temps passé vs progrès) aléatoire.  

La préparation mentale semble donc descendre, lentement mais sûrement, du haut niveau vers les étages du sport semi pro puis amateur puis espoir avant d’espérer peut être un jour toucher les enfants en milieu scolaire… 

Dans le prolongement de la modélisation présentée plus haut je me demande si nous ne devrions pas pourtant en faire une priorité 

« Ce que l’enfant est en mesure de faire aujourd’hui en collaboration,
il saura le faire tout seul demain »
 – L. Vigotskyi

 

En s’appuyant sur la zone proximale de développement de L. Vigotskyi comment ne pas imaginer  l’apport des outils de la préparation mentale face aux défis de cette tranche d’âge et ce, bien au delà des bienfaits reconnus de l’activité physique, dans la construction de personnalité ?

Confiance en soi, difficulté à se concentrer, gestion du stress, apprendre à se comparer aux autres sans frustration ni jalousie, indépendance de jugement face aux adultes sont autant de thèmes parmi d’autres, qui rentrent, me semble t-il, dans le champ de compétence de la préparation mentale. L’activité sportive serait donc, dans ce cas, comme le ticket d’entrée ou le vecteur vers un objectif  extra sportif plus large. Cette sensibilisation initiale et, rêvons un peu, devenant un apprentissage  régulier, serviraient à terme celles et ceux qui perceront plus tard dans leur sport mais aussi et  surtout une grande majorité d’entre eux.

Ce qui peut se résumer à : « Avant d’en faire des champions de leur sport, aidons-les à être champion de leur vie. »

C’est bien cette perspective qui m’a donné l’idée, l’envie de ce test de sensibilisation auprès des  moins de 12 ans comme une première étape pour juger de l’intérêt ou non d’aller plus loin…

 

Tester et évaluer, sous forme ludique, la receptabilité d’enfants de moins de 12 ans à 2 outils de base de la préparation mentale : respiration 5/5 & visualisation.

 

À l’origine du projet, j’ai obtenu préalablement la validation des entraineurs, des parents comme des enfants.

 

Groupes de stagiaires d’été de tennis, entre majoritairement 8 à 12 ans, et différents chaque semaine (sauf quelques rares exceptions qui restent 2 semaines).

Précision utile : il s’agit très majoritairement d’enfants de CSP+.

 

 

6 semaines du 10 juillet au 18 août 2023 sur les deux endroits.

 

2 ateliers d’initiation : respiration & visualisation
Chaque groupe fait les 2 ateliers :
– Lundi et mercredi à Veules
– Mardi et vendredi à Varengeville

Objectif : 10/15 minutes maximum par atelier après l’heure de tennis
Evaluation : questions orales et observations consignées dans la fiche d’évaluation au cours et à  l’issue de chaque atelier.
Avec les premiers retours des adaptations pourront être effectuées.

  • Présentation courte aux accompagnants en début de stage : dans le cadre d’un mémoire de formation préparation mentale.
  • Accord verbal des parents accompagnants invités à assister s’ils le souhaitent et l’accord verbal des  enfants.
  • Public en demi cercle face à l’animateur dans un endroit calme, ouvert (pelouse ou salle à proximité) et visible de l’extérieur (précaution du travail avec mineurs).
  • Utiliser des mots simples et beaucoup d’inter activité, bien insister sur le côté ludique pour capter l’attention

C’est quoi le mental ? De quoi avez vous besoin pour jouer au tennis ? Bras, jambes, têtes ?
C’est quoi le stress? … 

Introduire l’atelier respiration : Qui sait respirer ? C’est quoi la respiration ? On respire avec quoi ? C’est quoi l’essoufflement ?

Exercice 1 : Expiration par la bouche / Inspiration par le nez, par la bouche, bouche & nez.
Retours de sensation ? C’est quoi le stress ? Ça provoque quoi ?

Exercice 2 : Initiation à la cohérence cardiaque 5/5 se concentrer sur la respiration.
Retour de sensation ? Questions ?

 

Rappel / Evaluation : qu’avez vous retenu de l’atelier 1 ?

Visualisation ça veut dire quoi ? Ça sert à quoi (stress, se remettre dans du positif, du confort…)
Qui aime le chocolat ? Qui connait la couleur ? Qui connait le goût du chocolat ?

Exercice 1 : conditions de visualisation
Focus sur la respiration confortable / fermeture des yeux / bruits autour / voix

Exercice 2 : imaginez une tablette de chocolat…, les carrés, la couleur, l’emballage ou pas, puis  imaginez le goût…
Retour de sensation ? Questions ?

 

12 ateliers respiration & 11 ateliers visualisation* entre le 10 juillet et le 24 août sur les tennis de  Veules les Roses et Varengeville.
*Un atelier visualisation n’a pu se faire, la pluie ayant annulé le cours.

Un grand merci aux BE (Matthieu , Dorian et Logan) et à tous les enfants acteurs ! 

ÂgeFillesGarçon
7 ans20
8 ans412
9 ans514
10 ans712
11 ans815
12 ans911
13 ans35
Sous total3869
% 8-12 ans87%93%
TOTAL = 107
Population cible 8 à 12 ans (+ 8 de 13 + 2 de 7)

La démarche a été accueillie très favorablement par les parents / accompagnants avec aucun refus. Une large majorité a approuvé l’initiative, étant eux même adeptes de relaxation, yoga…
Les autres étant à minima curieux de cette approche pour les enfants.

Les enfants ont également bien accueilli la participation aux ateliers, rassurés par l’accord des parents / accompagnants et encouragés par les coachs.

Sur l’ensemble des enfants contactés seulement 4 (non comptabilisés ci-dessus) n’ont pas souhaité  suivre les ateliers (3,6%) : tous les 4 avaient entre 8 et 9 ans.

18% seulement ont cité la tête comme utile à la pratique du tennis après la raquette, la balle, le terrain la main, le bras, les jambes…

76% disent avoir déjà connu une situation de stress seul et sans influence extérieure : sportive, liée à l’école (rentrée scolaire, évaluation) ou au retard avec un transport.

NDLA : Compte tenu des âges, des différences de discernement et malgré des questions simples le  plus neutre possible, les ressentis exprimés peuvent avoir subis des influences telles que :
effet de  groupe, ami(e) à côté, faire plaisir à l’animateur, référence familiale… 

94% estiment savoir respirer et 26% évoquent une difficulté dans l’effort.

  • Difficulté à expirer par la bouche : 7%
  • Difficulté à inspirer par la bouche : 0%
  • Difficulté à expirer par le nez : 32%
  • Difficulté à inspirer par le nez : 58% 

Combinaison expiration par la bouche et inspiration par le nez à leur rythme est ressenti comme  plutôt confortable pour 82%.

Pour 86% d’entre eux, le fait de fermer les yeux et de se concentrer sur la respiration est plus  efficace que les yeux ouverts.

22% font référence à leurs parents pour associer respiration à relaxation mais aucun n’a mentionné la notion de cohérence cardiaque ou respiration 5/5.

La mise en oeuvre de celle-ci, même avec les yeux fermés, a été jugée compliquée pour 71% sur  l’inspiration par le nez en 5 secondes particulièrement pour les plus jeunes. Les filles se montrant  plus concentrées et plus à l’aise que les garçons à 80%.

Cela dit, 88% de l’ensemble des enfants ont trouvé l’exercice plutôt relaxant et agréable.

 

Aucun des enfants n’a mentionné connaitre la visualisation.

Pour 65% la mise en condition (respiration confort, yeux fermés, sons autour…) a semblé plus facile après l’atelier 1.

  • Sur la visualisation de la tablette :
    • 75% disent l’avoir vue en continu
    • 19% en discontinu
    • 6% ne pas réussir
  • Sur la visualisation de la couleur (noir, marron, blanc) :
    • 84% disent l’avoir vue
    • 16% pas du  tout
  • Sur le goût :
    • 43% disent l’avoir eu en continu
    • 14% par intermittence
    • 43% pas du tout

Il est délicat de tirer des conclusions précises sur un échantillonnage limité et si peu de séances mais je retiens de cet exercice :

  • L’intérêt des entraineurs et des parents / accompagnants unanimement curieux et réceptifs à l’expérimentation.
  • Dans une grande majorité, les enfants ont également joué le jeu, se sont pris au jeu (partage avec les parents à l’issue, motivation pour le second atelier, participation aux réponses…)
  • Le format simple, court et ludique correspond bien aux attentes de ce public à la capacité  d’attention inégale : seuls deux binômes de garçons de 12 ans ou plus ont eu un peu de mal à se concentrer pendant les ateliers alors que les filles, tout âge confondu, ont unanimement fait preuve d’attention.
  • L’ajout de visuels drôles durant les séances pourrait améliorer encore l’attention des enfants.

Pour rappel il s’agissait bien d’une première étape de sensibilisation pour se convaincre d’envisager  un plan d’actions plus ambitieux autour des enfants.  

NDLA : il est essentiel et même vital d’entrainer l’adhésion d’une partie des enseignants de clubs et si possible à terme de l’éducation nationale pour relayer, diffuser, démultiplier la sensibilisation auprès du jeune public. Les premiers échanges autour de ce projet avec ces entraineurs et enseignants sont encourageants par l’intérêt qu’ils semblent porter à l’entrée de la préparation mentale dans leur milieu. 

Prendre un rendez-vous découverte

La quête de la performance : potentiel & stratégies

À l’issue de cette première phase de la modélisation et en tenant toujours compte de l’interaction entre les différentes sphères, le préparateur va aider l’athlète à développer :

  • son potentiel au sens des ressources psychologiques
  • mettre en oeuvre ses stratégies mentales
  • l’activation de techniques d’entrainement mental

C’est ce que montre l’explication qui va suivre. Cet article doit beaucoup au travail de G. Missoum (1991 et suivantes…) principalement « Les stratégies mentales de la réussite » (Reuter réédition 2015) ouvrage éclairant, structurant et inspirant pour le préparateur mental en devenir que je suis.  

Le potentiel au sens ressources psychologiques est constitué de plusieurs paramètres :

  • Cognitifs, pour l’attention, l’apprentissage, les comportements qui peuvent être développés  avec la visualisation mentale. 
  • Emotionnels, à travers le contrôle du stress, de l’émotivité voire de la fatigue pour lesquels les techniques de relaxation et d’hypnose sont adaptées. 
  • Relationnel, induit le développement de la communication avec l’entourage large du sportif  comme son leadership avec l’utilisation de la PNL. 
  • Dynamique, regroupe la motivation, la combativité, la capacité à positiver : une fois encore la visualisation mentale est adaptée. 
  • Image de soi, s’intéresse à la confiance, l’affirmation, le contrôle des pensées négatives par l’utilisation de la visualisation mentale. 

Les stratégies mentales sont définies comme des moyens d’actions, des leviers de changements de  l’individu sur lui même et sur le monde. La modélisation reprend les 13 stratégies posées qui couvrent l’ensemble des besoins du sportif comme de l’extra sportif (entreprise…).

Elle a pour but de stocker des images (passées) pour se les remémorer de manière aussi précise que possible dans le but de reproduire et se projeter dans l’avenir (futur). 

L’aptitude à la visualisation mentale peut varier selon les individus c’est ainsi que L. Bump a proposé un questionnaire de capacité à la visualisation mentale (QCVM 1989).  

Illustration: au printemps le hasard des rencontres et tournois m’a fait rencontrer deux fois en 15 jours le même adversaire que j’avais battu assez facilement la première fois. Quand j’ai su que nous allions jouer la revanche je suis allé recherché visuellement les images me permettant d’illustrer les raisons de cette victoire (jouer plutôt sur son coup droit, servir sur lui…). Quand nous avons démarré l’échauffement du 2ème match, j’avais une idée très claire, confiance dans mon jeu et des sensations très positives qui m’ont permis de gagner une nouvelle fois en 2 sets. 

R. Schuller recommande de « planifier ses objectifs » sinon vous « planifiez vos échecs ». Dans leur  grande majorité les athlètes de haut niveau savent le faire, c’est, je constate, moins évident dans les niveaux plus bas et encore moins avec des jeunes sportifs. 

Se fixer des objectifs SMART et idéalement un seul, c’est canaliser son énergie au bon endroit, c’est aussi une preuve de connaissance de soi et la capacité de lutter contre ses croyances limitantes. Enfin les atteindre ou les dépasser décuple le plaisir notion fondamentale de la préparation mentale. 

Illustration: dans mon activité de coach, quand j’accompagne une personne cela peut prendre  plusieurs séances pour déterminer l’objectif, et le seul, qui est le plus important pour elle au moment présent. Nous fixons aussi des objectifs intermédiaires qui lui permettront d’évaluer son  cheminement mais il arrive parfois qu’en cours de route l’objectif final diffère de l’initial suite à cette évolution. Je ne l’ai pas encore connu dans l’accompagnement d’un sportif mais je m’y prépare déjà…

Elle pose la capacité d’analyser et d’apprendre des échecs comme des succès. Déterminer son STRATEX selon Missoum c’est avoir un point de référence (course, match, victoire, prestation…) pour pouvoir comparer et faire ressortir les différences avec les échecs. Tous n’ont pas naturellement cette capacité d’analyse, elle peut faire l’objet d’un entrainement régulier pour que l’individu progresse.  

Illustration : pour chaque match joué, parfois aussi à l’issue d’un entrainement particulièrement, réussi ou raté, j’incite les sportifs que j’accompagne à mettre par écrit à chaud leurs sensations, explications… Nous partageons dans les jours suivants les remarques notées en insistant sur ce que la personne retient en un ou points.

C’est tenter d’être dans le bon état mental au bon moment et d’avoir la capacité de passer de l’un à  l’autre sur demande. C’est avant tout se connaitre et surtout être flexible.

On distingue le macro Switch comme passage d’un état, par exemple dehors du sport, à un état de  compétiteur focus et le micro Switch qui permet de se relaxer entre les points ou entre les jeux au  tennis. On peut mobiliser pour cela la respiration, la visualisation mentale, une routine

Illustration: en dehors du sportif j’ai déjà accompagné plusieurs personnes sur une problématique  assez courante : l’incapacité de switcher entre le travail et la vie perso. En complément des actions simples à réaliser mais souvent compliquées à mettre en oeuvre (laisser  son ordinateur au travail, stopper la signalisation de messages, appels sur le portable… ), je me  souviens avoir travaillé avec les personnes sur une routine répétitive à mettre en oeuvre sur le chemin entre départ de bureau et arrivée à la maison, censée symboliser le switch. Pour certains c’est un morceau de musique, pour d’autre un changement de tenue voire plus classiquement de se servir un verre dans un fauteuil… L’essentiel était dans le symbole censé déclenché la rupture entre les deux mondes. 

C’est la capacité à mettre l’autre (équipier, interlocuteur…) soit dans un état mental positif et  favorable à son égard (stratégie de négociation) soit de le déstabiliser en instaurant chez lui un état négatif agissant contre sa performance (stratégie de confrontation). La première est adaptée au  sport collectif et au monde du travail la deuxième pas exclusivement mais plus particulièrement aux sports individuels. Cette tentative de prise d’ascendant peut se faire de manière verbal ou non verbal. 

Illustration: j’ai le souvenir d’un match serré de tennis il y a quelques mois contre un joueur qui joue dans son club devant un public acquis. Alors qu’aucune contestation n’est intervenue entre nous, à  5/5 40 A au 1er set une balle litigieuse nous divise. Alors que mon adversaire cherche le soutien dans le public, je lui dit que c’est à nous d’arbitrer notre partie et lui rappelle la règle des 2 balles dans ce cas alors que je suis moi aussi certain de mon fait. Il s’est dès lors mis dans un état de crispation, d’agacement pendant que je m’efforçais de lui montrer une motivation décuplée dans mon attitude (non verbal) mais silencieusement. Nous avons finalement rejoué logiquement cette balle, j’ai gagné le jeu et le set derrière. Sa crispation s’est accentuée je le sentais bloqué sur l’incident, en difficulté ce qui décuplait ma motivation… Il a abandonné à 3/0 dans le 2e, m’a serré la main rapidement et à quitter le club devant ses amis sans un regard… J’avoue avoir ressenti, au delà d’une forme de déception, comme une victoire psychologique qui aurait malgré tout pris des proportions un peu grandes : c’est probablement la 1ère fois que j’ai eu la sensation d’avoir contribué à « faire dégoupiller » un adversaire…  

Contrairement à Sartre dans « l’enfer c’est les autres » je suis persuadé que personne ne progresse ne « réussit » sportivement, professionnellement ou tout simplement individuellement sans les autres.  Elle se base sur le postulat que nous ne pouvons pas réussir seul et que nous avons besoin des autres. Missoum parle de « métaprogramme moi-autrui ». C’est aussi une manière de prolonger le plaisir (encore et toujours) personnel de performance avec et par son entourage.  

Cela joue sur la motivation de la personne avec un impact positif ou au contraire négatif en situation de conflit même si Mac Enroe avouait trouver dans ses colères une motivation pour le combat vers la victoire. C’est pour le sportif un sujet de la plus haute importance, d’ailleurs G. Missoum consacre plus de 10 pages sur cette stratégie c’est dire tous les aspects qu’elle concerne.

Illustration: dans un exemple assez classique dans le milieu du sport je me souviens adolescent  d’une copine très douée au tennis et dans les meilleures françaises de sa catégorie (-4/6 à 14 ans)  poussée dès son plus jeune âge par son père. Elle pensait, dormait, vivait tennis. De nature très joviale, souriante, ouverte, nous (ses amis) l’avons vue vers 15 ans basculée dans une forme de tristesse, correspondant à une période où sa progression était plus difficile et les pépins physiques plus fréquents. Pour finir elle a brutalement jeté ses raquettes au pied de son père vers 16 ans, sûrement épuisée par cette relation « forcée » au tennis et à la fois signe de maturité en reprenant la main sur son destin. Elle a retrouvé assez vite son sourire et sa joie de vivre et, à ma connaissance, n’a jamais rejoué… 

En lien étroit avec la stratégie comme la technique de visualisation elle permet à l’individu de  s’observer pendant l’action. C’est prendre le temps de voir autrement ce que l’on fait : d’envisager un autre angle, une autre perspective. Elle est très souvent mise en oeuvre lors d’intervention devant un public par l’orateur qui s’observe et s’adapte. 

Pas toujours évidente à mettre en oeuvre, cette capacité à la prise de hauteur, de recul se travaille  individuellement mais aussi collectivement. 

Illustration : lors de coaching un des points clés, parmi d’autres, est de permettre à la personne de se mettre en position Méta par rapport à son questionnement, sa problématique. Pour lui faciliter cette vision décalée l’effet miroir est une technique efficace dans l’accompagnement. En reflétant, en questionnant ses propres propos (verbal) ou attitudes (non verbal), on réunit les conditions pour, la personne qui le souhaite, de faire un pas de côté dans son observation. Si cela peut perturber la personne au début, le plus souvent elle se familiarise avec cette technique en y trouvant une aide pour cheminer.  

Ces 7 stratégies fondamentales agissent sur des secteurs bien définis et mises en oeuvre collectivement vont permettre à la personne de tendre vers l’excellence gage de performance. Elles se nourrissent mutuellement des ressources psychologiques du Potentiel.  Maitriser le potentiel améliore l’efficacité des stratégies mettre en oeuvre les stratégies optimise le potentiel :

  • cognitifs = traitements des informations = stratégies de gestion de situation, relationnelle, Méta
  • émotionnel = gestions des états mentaux = switch et Méta
  • relationnel = stratégies d’influence et relationnelle
  • dynamique = stratégies d’objectifs, d’influence et relationnelle

Pour compléter ces stratégies fondamentales, l’auteur présente 6 stratégies complémentaires qui  complètent les leviers de changement de l’individu vers sa performance. Elles agissent plus  particulièrement et de manière pratique (en situation) sur la gestion du stress.

 

Elle enlève la pression de la découverte (finale, stade, épreuve…), rassure et optimise la confiance dans la réussite. Les rituels, routines, superstitions peuvent permettre de donner le sentiment d’habitude

Illustration : le hand ball a été mon sport n°1 de 7 à 18 ans comme gardien de but. À 13 ans j’ai vécu une expérience multi stress dont je me souviens parfaitement. Première sélection en équipe de Seine-Maritime, match en ouverture de l’équipe de France devant 3000 personnes et pour couronner le tout obligation de jouer en short aussi ce qui en tant que gardien était une première pour moi. Autant de raison de passer à côté de cette soirée… C’est d’ailleurs le short qui me perturbait le plus : j’ai donc trouvé l’idée de mettre des chaussettes montantes pour me redonner la sensation du survêtement et me suis échauffé avec le même rituel que d’habitude. J’ai réalisé ce soir là un de mes meilleurs matchs me valant une sélection en équipe de Normandie dans la foulée. 

Elle est l’inverse de la précédente : on sort de l’habitude. La découverte stimule, fait tomber la peur de la nouveauté dans un élan d’attractivité positive. Il ne s’agit plus de lutter contre les effets négatifs du stress mais bien d’aller au devant de celui-ci. La personne n’a rien anticipé, est dans le présent et va rechercher le plaisir dans l’excitation du moment. Elle se complète de la « stratégie d’amnésie » qui permet de rafraichir le mental en oubliant le déjà vu, déjà vécu jusqu’à la réputation de son adversaire. 

Illustration : dans ma modeste vie de tennisman cette stratégie s’avère difficile à mettre en oeuvre  avec certains adversaires contre lesquels je n’ai jamais réussi à gagner. En revanche, contrairement à d’autres joueurs de mon entourage, je me sens capable de gagner plus vite (2 sets) contre un joueur avec qui, une ou plusieurs fois, la partie fut accrochée. 

Courir après le score ou les mètres de retard n’est jamais très bon généralement voir vitale ou « létale » dans certains sports de vitesse (sprint , F1…). C’est également le cas dans l’animation de réunions. Pour favoriser cette stratégie la personne se prépare d’abord à l’action en amont, puis s’efforce de rentrer sans attendre dans l’action en luttant, si besoin, contre la lenteur de la mise en route. 

Illustration: dans le golf le 1er départ donne souvent, dans l’esprit de beaucoup de joueurs, le ton du parcours comme le dernier peut « manger » la carte. C’est intéressant dans ce sport c’est la  multiplication des 18 « bons départs ». On retrouve aussi au tennis comme dans beaucoup de sports, l’importance du début de match, des premiers points d’un jeu décisif ou du set suivant surtout quand on a gagné ou perdu facilement le précédent… 

C’est souvent la capacité à gérer la peur de gagner ou plutôt la crainte de perdre alors que la personne est en position de gagner : le tristement célèbre « petit bras ». 

Pour lutter il est indispensable de garder au maximum le dialogue interne positif ce qui nécessite de  maintenir une bonne concentration pour ne pas sortir du match. 

Illustration : un premier exemple me vient à l’esprit lors de l’animation d’une réunion l’intervenant est souvent jugé sur la dernière image qu’il donne. Autre exemple, récent de parfaite gestion avec l’équipe de France de rugby qui aborde chaque rencontre avec cette quasi obsession du bien finir à partir de la 60ème minutes avec l’apport du banc.  

STRATÉGIE DU duel

Elle permet d’aller, par anticipation, contre l’adversaire. Cela signifie de préalablement connaitre, évaluer l’adversaire par l’observation, les données et aujourd’hui avec la vidéo, élément devenu incontournable.  

Il convient d’identifier les points faibles et forts puis visualiser comment les gérer.

Illustration : encore une fois issue de mon expérience tennistique mais que je transmets aux autres sports. Dès l’échauffement, comme beaucoup, j’évalue la forme du moment (la mienne comme celle de l’adversaire) mais surtout son coup fort et son coup faible. À partir de là, je mémorise la tactique à appliquer avec une phrase simple : « tu joues le coup faible et tu le surprends sur le coup fort ». La relative simplicité de ce focus me permet de continuer à garder cette lucidité même dans les moments tendus. Bien sûr il faut aussi savoir modifier sa tactique si nécessaire : l’adversaire pouvant s’habituer.

Plus orientée vers le sport collectif elle est censée renforcer la cohésion et mettre en avant les leaders et leur capacité à encourager, motiver leurs coéquipiers. 

Dans le sport individuel elle peut être mise en place avec son entourage avant la compétition ou même pendant par un simple geste ou regard. Et puis il n’est pas interdit de s’auto-encourager. Une fois encore cette stratégie devrait être omniprésente dans le monde de l’entreprise comme dans  l’éducation familiale. 

Enfin, pas de progrès ni de performance sans l’activation des techniques d’entrainement à disposition des athlètes ou non sportifs. Elles interagissent également en fournissant une liste d’outils parmi, lesquels, coaché et coach, trouveront les plus adaptés à la singularité de la situation de chacun. 

Prendre un rendez-vous découverte

La modélisation de la performance en 10 étapes

Dans la modélisation de la performance il y a un tronc commun pour tous les athlètes ou équipes en 10 étapes et en étroite relation avec les entraineurs.

 

Précédé par un questionnaire préalablement rempli et transmis, ce rendez-vous découverte autour de 90 minutes a trois objectifs :

  • Expliquer au futur coaché le cadre de l’accompagnement (déontologie, méthode, engagement mutuel, respect…). Le coach mental n’étant pas soumis à une obligation de résultats mais de moyens
  • Entendre les attentes de l’athlète, analyser la demande.
  • Créer une alliance mutuelle entre le préparateur et le sportif : pré-requis indispensable.

Plusieurs tests sont à la disposition du préparateur permettant cette auto-évaluation (TOPS, OMSAT, BORTNER, BAUM…).
Ces tests doivent mettre en avant les ressources, points forts, axes d’amélioration…  

Il se fera avec l’athlète, bien sûr, mais aussi le ou les entraineurs, voir les parents pour les jeunes athlètes. Il doit finaliser un consensus sur la situation de départ pour faciliter l’évaluation des progrès ou pas dans le futur comme l’étape suivante. 

De résultats, de performance, de processus ou idéalement la combinaison des trois à travers un objectif final et des objectifs intermédiaires. Ces objectifs devront être SMART (Spécifique, Mesurable, Atteignable, Réaliste, Temporel). Personnellement, avec les personnes accompagnées, je recommande d’établir une représentation de son objectif final (image, photos, graphique…), de l’afficher dans sa chambre ou un endroit où le voir au quotidien et lui permettre de ne pas l’oublier. 

Cette planification intervient dans le temps, à court, moyen, long termes avec un objectif à atteindre et les étapes intermédiaires.

 

Un plan détaillé du contenu d’entrainements, de compétitions et de récupération.

Outil de mise en oeuvre le FAITPAS de G. Cazorla en lien avec les entraineurs technique et physique :

  • Fréquence est une sollicitation de la charge d’entrainement dans le temps à travers l’aspect  quantitatif (nombre de séries, de répétitions…) et qualitatif (nombre de séances avec une  attention, une charge, un travail particulier…)
  • Assiduité est en lien avec la continuité avec les séances précédentes ou pas (période d’arrêt, relâchement) permettant d’adapter l’intensité.
  • Intensité signifie de réguler le niveau de sollicitation de l’athlète au regard des capacités  maximales dans le but d’améliorer son potentiel. Sachant que l’acquisition est dure, l’entretien est moyen et la perte rapide.
  • Temps consacré au développement d’une qualité technique, physique ou mental en fonction de l’athlète.
  • Progressivité prévoit d’augmenter volume et intensité de manière progressive en jouant sur  l’augmentation ou la diminution des séries, répétitions, période de récupération…
  • Alternance induit l’équilibre entre travail et repos au niveau du cycle ou d’une séance. Le temps de récupération est fixé en fonction de l’objectif, la capacité à maintenir le travail comme les adaptations physiologiques.
  • Spécificité indique que les charges et contenus sont orientés spécifiquement vers l’objectifs et appropriés à la capacité, le ressenti de l’athlète.

 

C’est prévoir l’alternance de sous cycles selon un principe de progression sur un cycle annuel.

 

Cela concerne avant (routines…), pendant (self talk positif, relaxation ou activation…) et après (apprentissages) les compétitions mais aussi, et c’est souvent plus difficile à convaincre, avant, pendant et après les entrainements voir entre les entrainements et compétitions.

L’entrainement mental a cet avantage de pouvoir être réalisé quasiment partout y compris dans les  temps de déplacement.

 

Cet analyse induit de noter régulièrement les ressentis, difficultés rencontrés au delà des résultats en compétition pour pouvoir évaluer les progrès réalisés. Sur le travail mental un débriefing d’après compétition ou sortie d’entrainement partagé oralement ou écrit par le sportif est un must dans le suivi.

 

En fonction des progrès ou non il peut s’avérer nécessaire de revoir à la hausse ou à la baisse les objectifs intermédiaires, voir l’objectif final.

Prendre un rendez-vous découverte

Modélisation de la performance sportive

S’il ne fait aucun doute que la préparation mentale sert le dessein de la performance sportive, son potentiel va bien au delà, cet article est consacré à ma modélisation de la performance.  

Modéliser la performance implique de créer une structure ou un modèle général que l’on peut mettre en place et suivre pour accompagner mentalement le sportif. Cela revient à identifier comme comprendre le système et établir un cadre de fonctionnement autour du sportif.  

La systémie et la préparation mentale sont deux concepts différents qui peuvent se lier dans certains contextes comme la relation humaine, la performance individuelle ou collective et dans l’approche de la gestion du comportement. Dans ma vision, teintée de systémie, ce modèle est large, comme un ensemble organisé dans la complexité apparente en interaction et interdépendance.  

« Rétablir un ordre dynamique de compréhension dans un désordre apparent. » – E. Morin (1990) permet de faciliter la compréhension théorique et l’approche pratique de la performance. Tout système est un ensemble d’éléments en relation mutuelle, chaque élément étant un système lui  même (micro-système), je pose donc tout d’abord dans la modélisation de la performance des  sphères individuelles, sociales, en lien direct mais aussi à travers la famille, et enfin sportive.  

La sphère individuelle voit se développer des compétences intra-individuelles (autonomie, ténacité, motivation, estime de soi…).

La famille permet l’acquisition de compétences inter-individuelles (vie en communauté, politesse,  règles de communication…) qui se développent dans la sphère sociale.  

Cette modélisation emprunte à la théorie de l’apprentissage d’Albert Bandura (1980) selon un schéma de 3 éléments : l’individu, la performance, l’environnement (sportif comme extra sportif) en interaction et permettent à cet individu de changer, d’évoluer en permanence.  

Autre principe inspirant pour cette modélisation le modèle Palo Alto  « tout agissement est  communication » chaque émotion, expression cognitive exprimé ou ressenti par l’ athlète et/ou son  entourage (entraineur, coéquipiers, famille, amis…) peut influencer mutuellement les uns et les autres. 

La famille joue souvent un rôle essentiel dans la construction passée, (les parents ne sont-ils pas les premiers coach ?), présente comme future en y intégrant compagnon ou compagne. Les parents  tiennent naturellement une place à part dans l’univers du sportif surtout quand il/elle est jeune.  Elément moteur, référents voire très influents, ils peuvent aussi devenir bloquants ce qui peut gêner l’accompagnement du préparateur comme du reste de l’équipe. Une vigilance s’impose donc pour le préparateur entre influence positive et risque d’influence négative. Il faut définir avec eux leur rôle, mais aussi les limites dans un équilibre pas toujours simple et pas seulement avec les jeunes athlètes.

L’équipe de la sphère sportive joue également un rôle incontournable, chacun restant techniquement individuel mais humainement collectif autour du ou des sportif(s). La sphère sociale inclut le cercle amical issu ou non du parcours scolaire qui peut également agir sur l’athlète positivement (écoute, réconfort, encouragements…) ou négativement (sentiment de passer à côté de sa vie, tensions…

Enfin dans la sphère sociale on ne peut omettre de mentionner désormais les réseaux sociaux et leur potentiel d’influence positive quand ils relatent les exploits comme négatif à travers la détérioration de l’image ou le harcèlement.  

Il conviendra dans la modélisation de préparer voire protéger l’athlète de ces potentielles influences réciproques sans le couper des apports indispensables de cet entourage.

La sphère sportive positionne l’athlète au sens humain entre la performance sportive en tant que  comportement externe observable concrets (victoires, défaites, classement, amélioration de temps …) mais aussi attitude (combativité , concentration…) au delà du résultat et son environnement sportif où plus le niveau est haut plus il faudra une mobilisation optimum de son potentiel comme extra-sportif.  

La sphère sportive se compose, sans surprise, d’éléments technique, tactique et physique incluant la notion de récupération qui concerne également le mental et enfin de plus en plus pris en compte la nutrition

Tous ces éléments interagissent entre eux vers la performance de l’athlète.

Historiquement leur présence comme leur importance a évoluer. L’aspect mental semble désormais  prendre une place incontournable, influencée par le monde anglo saxon, boostée par le haut niveau et confortée par les progrès dans la connaissance du cerveau apportant de plus en plus la preuve de l’efficacité. Il faut parfois encore convaincre les acteurs (athlète, entraineurs, parents…) de  considérer l’aspect mental au même niveau d’importance que la technique ou le physique. 

« Tout le monde pense que le jeu se joue entre deux lignes alors que c’est entre les deux oreilles. » – N. Djokovic (2023)

La notion de récupération est, de mon point de vue, essentielle tant sur l’aspect physique que mental. Elle doit être une phase intégrée dans le programme de l’athlète avec un suivi régulier médical comme de son ressenti. 

La nutrition (ou micro-nutrition) me parait être un complément utile à la performance de l’athlète :  dans ce domaine également beaucoup de développements ont été faits et de plus en plus d’acteurs  sérieux sont en mesure de proposer un programme individualisé à l’athlète. Enfin le schéma tactique connait lui aussi une « révolution » avec l’utilisation de données chiffrées de plus en plus précises et l’apport de la vidéo qui offrent des informations sur la performance optimale de l’athlète comme sur celle des adversaires (individuels ou équipes). 

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La préparation mentale : définition personnelle

Une définition de référence

Au premier abord, établir sa propre définition de la préparation mentale me parait assez complexe pour plusieurs raisons:

  • Il en existe déjà bon nombre, plus ou moins détaillées et qui se complètent…
  • Elles influencent forcément notre propre perception et définition
  • La définition d’aujourd’hui ne sera certainement pas celle de demain

Assez classiquement, je me retrouve beaucoup dans la définition de Fournier (1998) qui la définit comme:

« Le fait de développer des habilités mentales , cognitives dont le but principal est d’optimiser la performance personnelle tout en promouvant le plaisir de la pratique et en favorisant l’atteinte de l’autonomie. »

En m’appuyant sur celle-ci, je souhaite amener les remarques suivantes censées préciser ma définition. Il me parait exister un lien fort et une différence entre préparation mentale et préparation psychologique :

La préparation mentale implique l’utilisation régulière d’outils et techniques à appliquer à l’entrainement comme en compétition. Elle agit directement pour la performance.

Inséparable, la préparation psychologique est censée créer, en amont, un contexte favorable à un investissement sportif efficace elle agit donc plus largement autour de la performance.

 

On peut imaginer plus largement un impact sur un développement plus personnel : du « mieux-être » au « savoir-être », au delà de l’activité sportive.

La contribution par l’exemple et l’influence sur la performance ou le développement des autres (camarades de sport, entourage familiale, entourage amicale…) joue aussi un rôle prépondérant. Ce qui est déjà le cas pour des athlètes connus qui ont une influence notable sur les fans, leur rêve, leur motivation !

 

D’autre part si la préparation mentale trouve ses origines et encore majoritairement sa présence dans le haut niveau du sport, je défends surtout l’idée, reprise dans la modélisation, dans le choix de la visualisation comme dans le cas pratique, d’un élargissement maximum de celle-ci convaincu des apports bénéfiques jusque dans la construction des pré-ados.

On peut penser, malgré pas mal de retard et une certaine lenteur, que c’est en bonne voie jusqu’aux pôles espoirs des fédérations comme dans le monde de l’entreprise de plus en plus attiré par l’expérience du milieu sportif. Je suis, pour ma part, partisan d’une mise en place adaptée et relayée par les entraineurs d’une sensibilisation au niveau des clubs de sports.

Et à terme, rêvons un peu, à une entrée de la préparation mentale au sein de l’enseignement du sport de l’éducation nationale…

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