S’il ne fait aucun doute que la préparation mentale sert le dessein de la performance sportive, son potentiel va bien au delà, cet article est consacré à ma modélisation de la performance.
Modéliser la performance implique de créer une structure ou un modèle général que l’on peut mettre en place et suivre pour accompagner mentalement le sportif. Cela revient à identifier comme comprendre le système et établir un cadre de fonctionnement autour du sportif.
SYSTÈME, VOUS AVEZ DIT SYSTÈME…
La systémie et la préparation mentale sont deux concepts différents qui peuvent se lier dans certains contextes comme la relation humaine, la performance individuelle ou collective et dans l’approche de la gestion du comportement. Dans ma vision, teintée de systémie, ce modèle est large, comme un ensemble organisé dans la complexité apparente en interaction et interdépendance.
« Rétablir un ordre dynamique de compréhension dans un désordre apparent. » – E. Morin (1990) permet de faciliter la compréhension théorique et l’approche pratique de la performance. Tout système est un ensemble d’éléments en relation mutuelle, chaque élément étant un système lui même (micro-système), je pose donc tout d’abord dans la modélisation de la performance des sphères individuelles, sociales, en lien direct mais aussi à travers la famille, et enfin sportive.
LA NOTION DE SPHÈRES
LES SPHÈRES INDIVIDUELLES ET SOCIALES
La sphère individuelle voit se développer des compétences intra-individuelles (autonomie, ténacité, motivation, estime de soi…).
La famille permet l’acquisition de compétences inter-individuelles (vie en communauté, politesse, règles de communication…) qui se développent dans la sphère sociale.
Cette modélisation emprunte à la théorie de l’apprentissage d’Albert Bandura (1980) selon un schéma de 3 éléments : l’individu, la performance, l’environnement (sportif comme extra sportif) en interaction et permettent à cet individu de changer, d’évoluer en permanence.
Autre principe inspirant pour cette modélisation le modèle Palo Alto où « tout agissement est communication » chaque émotion, expression cognitive exprimé ou ressenti par l’ athlète et/ou son entourage (entraineur, coéquipiers, famille, amis…) peut influencer mutuellement les uns et les autres.
La famille joue souvent un rôle essentiel dans la construction passée, (les parents ne sont-ils pas les premiers coach ?), présente comme future en y intégrant compagnon ou compagne. Les parents tiennent naturellement une place à part dans l’univers du sportif surtout quand il/elle est jeune. Elément moteur, référents voire très influents, ils peuvent aussi devenir bloquants ce qui peut gêner l’accompagnement du préparateur comme du reste de l’équipe. Une vigilance s’impose donc pour le préparateur entre influence positive et risque d’influence négative. Il faut définir avec eux leur rôle, mais aussi les limites dans un équilibre pas toujours simple et pas seulement avec les jeunes athlètes.
L’équipe de la sphère sportive joue également un rôle incontournable, chacun restant techniquement individuel mais humainement collectif autour du ou des sportif(s). La sphère sociale inclut le cercle amical issu ou non du parcours scolaire qui peut également agir sur l’athlète positivement (écoute, réconfort, encouragements…) ou négativement (sentiment de passer à côté de sa vie, tensions…)
Enfin dans la sphère sociale on ne peut omettre de mentionner désormais les réseaux sociaux et leur potentiel d’influence positive quand ils relatent les exploits comme négatif à travers la détérioration de l’image ou le harcèlement.
Il conviendra dans la modélisation de préparer voire protéger l’athlète de ces potentielles influences réciproques sans le couper des apports indispensables de cet entourage.
LA SPHÈRE SPORTIVE
La sphère sportive positionne l’athlète au sens humain entre la performance sportive en tant que comportement externe observable concrets (victoires, défaites, classement, amélioration de temps …) mais aussi attitude (combativité , concentration…) au delà du résultat et son environnement sportif où plus le niveau est haut plus il faudra une mobilisation optimum de son potentiel comme extra-sportif.
La sphère sportive se compose, sans surprise, d’éléments technique, tactique et physique incluant la notion de récupération qui concerne également le mental et enfin de plus en plus pris en compte la nutrition.
Tous ces éléments interagissent entre eux vers la performance de l’athlète.
Historiquement leur présence comme leur importance a évoluer. L’aspect mental semble désormais prendre une place incontournable, influencée par le monde anglo saxon, boostée par le haut niveau et confortée par les progrès dans la connaissance du cerveau apportant de plus en plus la preuve de l’efficacité. Il faut parfois encore convaincre les acteurs (athlète, entraineurs, parents…) de considérer l’aspect mental au même niveau d’importance que la technique ou le physique.
« Tout le monde pense que le jeu se joue entre deux lignes alors que c’est entre les deux oreilles. » – N. Djokovic (2023)
La notion de récupération est, de mon point de vue, essentielle tant sur l’aspect physique que mental. Elle doit être une phase intégrée dans le programme de l’athlète avec un suivi régulier médical comme de son ressenti.
La nutrition (ou micro-nutrition) me parait être un complément utile à la performance de l’athlète : dans ce domaine également beaucoup de développements ont été faits et de plus en plus d’acteurs sérieux sont en mesure de proposer un programme individualisé à l’athlète. Enfin le schéma tactique connait lui aussi une « révolution » avec l’utilisation de données chiffrées de plus en plus précises et l’apport de la vidéo qui offrent des informations sur la performance optimale de l’athlète comme sur celle des adversaires (individuels ou équipes).
